Dans la vie on ne sait jamais ce qui peut arriver... Il serait dommage de réduire les gens à leurs origines non?
Située dans la Chine impériale, Les Carnets de l’Apothicaire est une œuvre captivante mêlant enquête, mystère et science. Adaptée du light novel de Natsu Hyuuga, cette série séduit autant les amateurs de récits policiers que les passionnés d’intrigues historiques. Avec son univers riche et ses personnages hauts en couleur, elle se décline en plusieurs formats : anime, manga et light novel pour notre plus grand plaisir.
L’œuvre compte deux adaptations manga distinctes :
- La première, illustrée par Nekokurage et écrite par Itsuki Nanao, suit fidèlement le roman originel.
- La seconde, intitulée Les Carnets de l’Apothicaire : Enquêtes à la Cour, est dessinée par Minoji Kurata et co-écrite par Natsu Hyuuga lui-même.
Ces versions offrent une interprétation très fidèle de l’histoire originale, mais mon coeur a une grosse préférence pour la première version et les magnifiques illustrations de Nekokurage.


Maomao, une héroïne inoubliable
Dans la Chine impériale, Maomao, une jeune apothicaire passionnée par les poisons et les remèdes, mène une vie modeste auprès de son père apothicaire dans le quartier des plaisirs. Un jour, celle-ci est enlevée et vendue comme servante à la Cour Intérieure. Ce harem est réservé aux concubines et courtisanes de l’Empereur. Dans ce cadre somptueux, les intrigues politiques et les rivalités féminines dictent le quotidien.
Mais la jeune femme ne tarde pas à transformer malgré elle ce destin imposé en une opportunité. Grâce à ses connaissances en poisons et remèdes, elle se distingue rapidement. En effet, celle-ci résoue un empoisonnement mystérieux frappant les enfants des concubines. Cet exploit la fait remarquer par Jinshi, un eunuque au charisme troublant, qui la charge d’enquêter pour lui.
Dans cet univers régi par les apparences, Maomao découvre les dessous sombres de la vie à la Cour : conspirations, jalousies mortelles et jeux de pouvoir. Bien qu’elle préfère rester en retrait, son intelligence et sa curiosité l’entraînent au cœur des secrets de la Cour.
Maomao possède une personnalité cynique et une curiosité sans failles tout en s’affirmant sans crainte. Elle est intelligente et elle le sait. Pour elle, l’ignorance est le plus grand péché. Mais Maomao elle-même, ne sait pas tout. Mal à l’aise dans les relations sociales, on assiste avec humour à son évolution. Comme le souligne le père de Maomao, il est important de se prévenir du danger des suppositions.
Passionnée, elle n’hésite pas à tester ses poisons sur elle-même, poussant parfois ses expérimentations jusqu’à l’extrême. Ses répliques cinglantes ajoutent une touche rafraîchissante à notre héroïne qui ne se laisse définitivement pas marcher sur les pieds, au même titre qu’Akane dans Akane Banashi.
Des enquêtes au cœur de la Cour Impériale
La série plonge les lecteurs dans les méandres de la Cour impériale chinoise, un univers où les apparences règnent et où les complots se tissent dans l’ombre. Cette histoire semble se dérouler aux alentours du 16ème siècle après J-C (mais l’oeuvre n’a aucune vocation à être figée dans une époque). Entre les rivalités des favorites de l’Empereur et les manigances des eunuques, seuls hommes capables d’entrer dans ce microcosme, Maomao navigue avec intelligence.
Parmi les personnages clés, Jinshi, grand intendant et eunuque séduisant, joue un rôle crucial. Charismatique et manipulateur, il fascine son entourage, mais agace profondément Maomao, la seule à ne pas céder à son charme.
Mais Jinshi est plus qu’un beau visage. Il sait comment tirer les ficelles pour maintenir un équilibre précaire entre les différentes factions. Pourtant, face à Maomao, son masque glisse parfois, révélant des failles humaines et un grand trouble intérieur. Leur relation, mêlée de piques cinglantes et d’une méfiance mutuelle, offre des moments tantôt drôles, tantôt touchants.
Mais cette dynamique entre Maomao et Jinshi reste un fil secondaire face aux enjeux majeurs de la série : les complots de la Cour. Derrière les paravents et les visages peints, se jouent des luttes de pouvoir où chaque protagoniste cherche à garantir sa survie, quitte à sacrifier les autres. Les favorites de l’Empereur, bien que parées de richesses et de beauté, vivent dans une prison dorée où la moindre erreur peut signer leur perte. Les eunuques, malgré leur statut privilégié, ne sont pas à l’abri des jeux d’influence et des rivalités intestines.

Une oeuvre définitivement féministe
Les Carnets de l’Apothicaire n’est pas seulement un récit d’enquêtes, c’est aussi une subtile critique sociale et féministe. En explorant les coulisses de la Cour impériale, l’œuvre met en lumière la dure réalité de femmes enfermées dans des rôles prédéfinis. Les favorites de l’Empereur, souvent choisies pour leur beauté et leur capacité à enfanter, ne sont que des pions dans un système qui les prive de toute liberté. Sous leurs parures somptueuses se cachent des vies brisées, marquées par la solitude, la rivalité et la peur constante de perdre leur statut ou leur vie.
De même, Maomao est la première à subir l’injuste situation des femmes. Passionnée et intelligente, elle reste malgré tout sous la menace d’être vendue pour son corps de femme. Celle-ci est obligée de « s’enlaidir » pour réduire ses chances d’être agressée au détour d’une ruelle.
Cependant, ce portrait sombre est contrebalancé par la force et l’ingéniosité des personnages féminins. Loin d’être de simples victimes, elles se battent pour tirer parti des rares marges de manœuvre que leur laisse leur position.
Intrigantes, manipulatrices ou solidaires, elles développent des stratégies pour survivre, atteindre leurs objectifs, et parfois même se venger des injustices subies. Cette agentivité confère à ces personnages une profondeur rare, où leurs faiblesses et leur humanité transparaissent autant que leur détermination.
Maomao malgré ses difficultés à partager ses émotions, éprouve une grande compassion pour celles qui, comme elle, sont les produits d’un système injuste. À travers ses yeux, le lecteur découvre les mécanismes complexes de domination.
Pourquoi lire ou regarder Les Carnets de l’Apothicaire ?
Avec son mélange unique de mystère, d’histoire et de poison, cette série est passionnante. A travers ses magnifiques illustrations ou encore l’animation soignée et immersive de la série produite par Toho Animation (disponible sur Crunchyroll), laissez-vous séduire. Les Carnets de l’Apothicaire est une œuvre riche en émotions et en réflexions. Elle nous plonge dans un univers où chaque détail compte, où la beauté côtoie la cruauté, et où l’intelligence prime.
🟢 On aime :
- Les dessins de Neko Kurage
- La mystérieuse intrigue qui se tisse au fur et à mesure
- Les messages plus sérieux qui se cachent derrière l’humour
🔴 On aime moins :
- L’histoire prend son temps au départ et on peut penser qu’il n’y a pas de fil conducteur hormis les péripéties de la Cour


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